18/10/2012
Les organismes qui luttent contre le trafic de tortue se trouvent en difficultés. C’est à la base qui est vulnérable. Les tortues n’ont aucune valeur financière chez certaines régions, ce qui profite aux trafiquants. En tous cas, le Sokake et l’Angonoka sont les espèces les plus rares au monde et c’est pour cela que leur prix est aussi élevé à l’étranger. Récemment, le trafic de tortue a été sous les feux des projecteurs. Dernièrement, 570 tortues ont été saisies à Ivato. Les deux « karana » interpelés ont essayé d’exporter ces bestioles dans des valises.
Il y a 5 espèces de tortues qui sont endémiques à Madagascar et qui sont convoitées par les étrangers, favorisant son trafic illicite. Une tortue peut être vendue de 5000 à 10 000 euros, selon la demande sur le « marché ». Or ces tortues sont collectées à une modique somme de 1000 ariary dans certaines régions. Herilala Randriamahazo du TSA ou Turtle Survival Alliance a fait le point. « Les tortues n’ont aucune valeur monétaire chez les habitants du Sud plus précisément. Il est interdit de mettre une valeur sur des animaux considérés comme le symbole de prospérité du village et de la génération. J’ai vu qu’à Tsihombe, une tortue est achetée à 1000 ariary. Mais ce coût varie selon les régions. Parmi les tortues les plus menacés figurela tortue radiée ou «sokake» (Astrochelys radiata), la tortue à soc ou «angonoka» (Astrochelys yniphora), la tortue araignée ou «kapidolo» (Pyxis planicoda) et la podocnémide de Madagascar ou «rere» (Erynochelys madagascariensis). Les preneurs sont de la zone Asie comme le Bankok, la Malaisie, l’Indonésie et la Chine. Il fut un temps où le marché de tortues se faisait en Europe dans les années 90, mais à présent, ce sont les Asiatiques qui les convoitent.
Vulnérable à la base
Hasina Randriamanampisoa de Durrell Wildlife Conservation Trust signale. « Le service de protection dans les régions où les trafics sont fréquents, n’arrive pas à assurer le contrôle. Si on ne prend que le cas de Soalala, il n’y a qu’un homme comme personnel du ministère de l’Environnement. Il n’y a qu’une dizaine de personnes issues des partenaires dans tout le district et même le Madagascar National Park ne possède qu’une dizaine de personnel. Alors voyez-vous comment ces trafics peuvent se perpétrer aussi facilement. L’instauration du système de « DINA » pourra mettre fin à ce trafic car la population n’ose pas dénoncée les trafiquants issus de leurs entourages même ». Cette volonté d’instaurer le « DINA » est en phase de validation auprès du tribunal de la région. Le ministère de l’Environnement, Durrell, TSA, l’Alliance Voary Gasy, la Conservation Internationale, le WWF et d’autres ont mis en place le « Plan Global d’Action » afin de mieux sécuriser ces espèces endémiques. Ce Plan Global d’Action consiste à stopper les sorties des tortues de leurs régions d’origine, à sensibiliser les Malgaches en possession de tortues, à contribuer à la conservation des espèces. Il semble que les personnes possédant des tortues ne savent même pas les entretenir. Donc, il faut former un environnement propice pour que les tortues « domestiques » se reproduisent. Enfin, il faut faire en sorte qu’un programme de réinsertion soit fait dans les respects des procédures.
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