01/02/2013
Le secteur minier est considéré à présent comme le principal pourvoyeur de fonds à l’Etat. Le secteur est beaucoup plus complexe qu’on le pense. A part ses impacts sur l’environnement, les retombées économiques dues à l’instabilité politique et économique sont une grande menace à craindre, selon Hugues Rajaonson. Il nous a accordé une interview. LaNation : Pensez-vous qu’une relance économique sera assurée par l’émergence du secteur minier ? Hugues Rajaonson : A mon humble avis, il faut éclaircir un certain nombre point qui, me semble-t-il, est obscur aux yeux des Malgaches. En effet, le secteur minier est très complexe et ne se réduit pas à quelque chose d'aussi simple comme le pense certains d’entre nous. En effet, la majorité des gens croient que le secteur minier est une sorte de baguette magique qu'il suffit d'agiter pour enrichir un pays à sous-sol riche en minéraux. C’est qu'ils oublient que tout gisement minier exige aussi bien des capitaux, du travail complexe, de la haute technologie et un marché favorable.
LaNation : Pouvez-vous apporter plus d’informations sur ce que vous venez de dire ?
HR : Tout d'abord, les exploitations minières nécessitent beaucoup de capitaux. Des investissements publics par rapport aux cartes géologiques, suivis par des études sur une évaluation approximative des volumes de stocks qui seront effectuées par des opérateurs que l'on appelle les juniors. Ces juniors vont alors faire des levées de fonds pour pouvoir faire des évaluations par forage. Une fois les estimations faites, ces juniors proposent leurs permis aux entreprises minières qui seront obligées de faire des études précises [sismiques, ...] qui coutent très cher. Ensuite, il faut du travail complexe et des techniciens aptes à utiliser la haute technologie. Il faut avoir des gens bien formés, aussi bien du niveau d'ingénieur que de techniciens supérieurs spécialisés, à la fois spécialistes des mines mais aussi des géologues, des géophysiciens. Les pays qui veulent développer leur secteur minier doivent par conséquent investir énormément en capital humain et en matériel à la fois didactique et pédagogique. L'actualisation des savoirs et des connaissances coûte très cher puisque les spécialistes doivent être documentés, et doivent disposer de matériels ultra modernes, et par conséquent, envoyer ces spécialistes dans toutes les conférences internationales pour qu'ils puissent actualiser en permanence leur savoir. Pour avoir une idée de la formation, des stages de très haut niveau durant - au plus - 01 semaine peuvent couter plus de 40.000 $ US par personne.
LaNation : Comment trouvez-vous donc, l’environnement du secteur minier actuellement ?
HR : L’environnement est également complexe car il englobe à la fois des paramètres saptio- temporels, c'est-à-dire des paramètres relatifs à la fois à l’espace et au temps, géopolitiques, géostratégiques. Les paramètres spatio-temporels englobent à la fois la conjoncture de la découverte du gisement, son emplacement et bien évidemment les cours mondiaux, avec comme socle d'estimation, des profits, les tendances longues du marche. Parmi les paramètres les plus sensibles figurent le degré de confiance de l'opérateur. Cette confiance repose sur le contexte sociopolitique, le contexte juridique et la faiblesse de la probabilité de trouver d'autres stocks plus rentables ailleurs. Supposons que RIO TINTO trouve une autre opportunité ailleurs aujourd'hui : stock plus facile à exploiter, climat politique et juridique stable, coût de transport plus faible, prix de l'énergie faible, ... il est probable qu'avec tout ce qui se passe à Taolagnaro, ils vont partir et ce, malgré les investissements qu'ils ont fait. Maintenant, le débat est lancé : son départ sera-t-il avantageux pour nous ?
LaNation : Quelles sont donc les contrecoups à craindre ?
HR : Tout d'abord, notre réputation, en termes de sécurité des investissements directs étrangers, ne favorisera plus la venue de grands investisseurs. La question de continuité des engagements de l'Etat va se poser. Aussi l'image « Madagascar un Etat non crédible », va être véhiculée partout. Est-ce que c’est ce que nous voulons ? Est-ce que nous avons des capitaux suffisants pour continuer l'exploitation ? Est-ce que l'entreprise ne va pas nous trainer devant la Cour internationale de justice et quel en sera le coût, que Madagascar gagne ou perd le procès ? Ce qui est vrai, c'est que nous avons mal négocié ces contrats, ou plus exactement, nous n'avons pas été à la hauteur d'élaborer des visions stratégiques en ce qui concerne l'exploitation de nos gros gisements miniers. Nos générations futures ne profiteront que peu de ces deux grands projets miniers. A qui la faute ? A nos autorités que nous avons élues ou nommées et non aux entreprises minières.
LaNation : Avez-vous des propositions ou des solutions à cette situation ?
HR : A mon humble avis, nous n'avons pas intérêt à déranger les entreprises qui sont là. En revanche, si nous trouvons que les investissements directs actuels ne sont pas bons pour nous, il va falloir en payer le prix fort à court et moyens termes : isolement économique et financier (cas d’Ambatovy ?). Il se peut même que les nouvelles entreprises qui vont exploiter ces gisements, après le départ des entreprises actuelles, subiront des embargos internationaux quant à l'exportation de leurs produits. Ne faisons pas confiance à des paroles en l'air de politiciens populistes de fortune qui ne savent ni les intérêts du pays, ni les enjeux sectoriels. Nous avons une législation minière, elle vaut ce qu'elle vaut. Nous voulons la changer ? Libre à nous, mais il va falloir investir dans tous les domaines pour reconquérir la confiance des investisseurs locaux et internationaux.
Si la Grande île connaît un tel déclin économique, c’est pour la simple raison qu’il n’y a jamais eu une transition économique depuis que le libéralisme économique dans les anné ...
Lire la suite
Pour un pays à potentiel agricole comme Madagascar, prendre avantage des ressources disponibles pour relancer une économie est à considérer. ... Lire la suite
Le bois de rose ne fait qu’agrémenter les ambitions de certaines entités et autres organismes. En outre, il crée des polémiques à n’en plus finir dans le microcosme socio-économique du pay ...
Lire la suite
La tendance à la hausse sur le marché du riz ne cesse de se produire et commence à s’étendre vers d’autres régions. ... Lire la suite
La destination Madagascar a été récemment chamboulée par l’insécurité créant ainsi une diminution des touristes en période de vacances. L’adhésion du Vanilla Island Or ... Lire la suite
La croissance de la productivité agricole est un enjeu de taille pour l’évolution de l’économie rurale. Le renforcement de la formation de base des producteurs et en particulier des jeunes, est une exigence pr ...
Lire la suite
02/04/2013
Economie, Plateforme des femmes entrepreneurs : Atout dans la contribution à la sécurité alimentaireC’est en présence des ministres de l’Agriculture et du Commerce que la plateforme malgache, Femmes, développement durable et sécurité alimentaire (FDDSA), a été lancée le 27 mars de ... Lire la suite
De part le site web de SME Toolkit, initié par l’International Finance Corporation ou IFC, le grand public, surtout les défavorisés, peuvent avoir accès à l’éducation pour enrichir leur co ... Lire la suite
Les embouteillages monstres dans la capitale, la hausse des frais et la qualité de service lamentable, ont poussé les usagers à marcher au lieu d’aller en bus. Même si les responsables de l’UCTU ne se re ...
Lire la suite
06/02/2013
Economie, Huiles essentielles de Madagascar : Une conférence au profit de School MadagascarUne soirée-conférence sur les huiles de Madagascar, animée par le Professeur Didier Ramiandrasoa, spécialiste de la Chimie des plantes et aromatologue passionné, sera organisé le vendredi ... Lire la suite
Visiteurs
612.526