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14/09/2013
N° 379

 

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Potentiel sans projet d’exploitation pérenne

21/02/2013

Tout ce qui se trouve sur la table pour la consommation, provient de l’agriculture et en ce moment, la qualité des produits agricoles devient de plus en plus médiocre comme les fruits et les légumes qu’on trouve sur le marché local. Il semble que ce potentiel n’est pas destiné à l’exploitation dans la Grande île, selon le Secrétaire général du ministère de l’Agriculture, Philibert Rakotoson. Aucun développement n’est garanti sans mettre en exergue les réelles priorités pour le développement du pays. Interview !

LaNation : Pouvez-vous expliquez pourquoi le secteur agricole est-il toujours confronté à des problèmes comme la maladie qui détruit la production agricole à Madagascar ?
Philibert Rakotoson : Je dois avouer que ceci est en quelque sorte un cercle vicieux dont les effets sont rattachés aux crises qui se sont succédé. Lorsqu’il y a une crise, il y a toujours amplification des maladies qui attaquent les cultures, comme c’est le cas avec l’eucalyptus. Et quand les responsables sont aussi en grève, personne ne s’occupe de ses traitements. En plus, si l’on parle des fruits en particulier, les arbres fruitiers sont déjà vieux et il n’est pas trop surprenant de ne trouver que des fruits rabougris sur le marché. Il n’y avait pas de projet d’amélioration ni de traitement des arbres fruitiers, à part ceux destinés à l’exportation. C’est l’environnement économique du secteur agricole qui est en jeu.
LaNation : Quelles sont les raisons de cette absence de projet ?
PR : L’Etat s’est retiré de la production directe en approvisionnant les paysans avec des jeunes pousses sélectionnées. Le secteur privé possède des pépinières mais les paysans n’arrivent pas à s’en procurer car les prix de revient de ces pépiniéristes sont énormes. S’ils vont dans les banques pour des emprunts, celles-ci pensent plutôt à leurs intérêts d’abord avant ceux des paysans, donc ces derniers ne pourront jamais évoluer. En ce moment, la productivité de ces paysans ne leur permet pas d’épargner pour développer leurs productions. Sachez que ces paysans préfèrent placer leurs épargnes dans la construction de maison car une maison ne serait pas détruite par des insectes ou par les maladies. Ceux qui possèdent des fonds préfèrent placer leurs billets dans l’achat de véhicules de transport car ils sont plus rentables que la production agricole avec ses risques. C’est pour cela que je dis que nous avons un potentiel agricole qui semble inexploité en ce moment. Lorsque le jour viendra, alors on peut bien fixer tous les obstacles.
LaNation : Vous avez mentionné d’obstacles, pensez-vous qu’il y a des obstacles pour que ces potentiels ne soient pas développés dans le pays ?
PR : Lorsque le peuple malgache sera conscient qu’il y des choses plus prioritaires que les autres. Des choses qu’on sache faire, dont on possède les potentiels, et dont on peut soutenir. Ce pays développera lorsque la productivité sera placée comme une priorité. J’aime bien cette crise parce que les Malgaches sont actuellement en train de réaliser ce fait, le problème d’emprunt, de foncier, de production, des prix et des autres critères qui permettrons aux paysans d’épargner et de développer la productivité agricole. Le problème qui doit être pris en cause est le risque que présente l’agriculture comme le changement climatique, les maladies, les risques économiques, c'est-à-dire les prix des produits agricoles. Il fut un temps où un caisson de tomate fut vendu à 100 ariary voire 20 ariary, faute d’acheteur.
LaNation : Pouvez-vous avancer des solutions à méditer afin de promouvoir le secteur agricole ?
PR : Premièrement, les infrastructures routières au niveau des zones rurales, ensuite la santé de ces paysans et dernièrement l’éducation de ces paysans sur la production en général. Je veux insister sur ce dernier point. Parfois, lorsque ces paysans ont des besoins urgents, ils n’ont guère le choix que de vendre leurs récoltes et c’est là que se posent les abus. S’ils ont besoin d’argent, où pensez-vous qu’ils iront ? Aux banques ? Sachez qu’ils n’ont pas de gages pour tout emprunt. Il faut leur enseigner la production car il faut investir. Et lorsque les récoltes sont prêtes, il faut leur enseigner comment ne pas vendre à perte. C’est le côté complexe dans l’économie agricole et les connaisseurs de ce problème préfèrent acheter que de produire. J’ai déjà proposé que le prix du riz doive être vendu à 5000 ariary mais l’Etat n’a jamais pu augmenter le prix du riz au delà de 1500 ariary. Ces paysans ne feront pas faillite si les prix des productions agricoles sont à tels prix. Au Japon, une pièce de tomate est vendu à 100 yen soit 2000 ariary alors qu’on achète un lot de 200 ariary et nous trouvons toujours des mots à dire. Une raison de plus pour augmenter les salaires des fonctionnaires car c’est nous qui achetons ces produits agricoles. La production agricole se développera elle-même dans cette voie.

Racl.R
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