23/02/2013
La filière vanille est en danger, malgré les informations faisant état de bonnes récoltes récemment. La qualité de la vanille malgache se dégrade et selon le directeur général de la société Floribis, Jean Christophe Peyre, il y a un grand risque à ce que le marché mondial de la vanille se passera de la vanille de Madagascar. Il a apporté des explications à cette assertion. La négligence de l’administration est pointée du doigt.
La Nation : Pourquoi dites-vous que la vanille malgache se dégrade sur le marché international en termes de qualité ?
Jean Christophe Peyre : Contrairement aux nouvelles qui circulent dans les médias, il semble que la réalité démontre que les industriels qui sont les principaux utilisateurs de la vanille malgache, sont exposés à des qualités désastreuses. On assiste à une remontée des prix sur le marché international, alors que la filière se dégrade dans le pays. Aujourd’hui, on assiste à une remonté de prix qui est de 45 dollars le kilo. Il n’y a plus de produits de la vanille à Madagascar qui remplissent les critères exigés par les Européens et je vous laisse imaginer l’attitude des industriels lorsqu’on leur propose de la vanille à un tel prix alors que la plupart des gousses de vanilles ne contiennent plus de « Glucovanillin ». Les planteurs ont négligé la filière et les spéculateurs ont contribué à cet échec car ils ont poussé ces derniers à récolter la vanille prématurément.
La Nation : Pouvez-vous donner de plus amples explications sur cette négligence ?
JCP : Depuis la libéralisation de la filière dans les années 90, la filière n’a pas été accompagnée d’un encadrement de la part des autorités de tutelle et a très vite succombé dans l’anarchie. Les cours qui étaient, traditionnellement dans le cadre de la stabilisation des prix, de 75 USD, ont évolué jusqu’à l’année 2003, à 500 USD le kilo. Résultat ! Le monde entier s’est lancé dans la vanille, attiré par ce prix. Le problème c’est que les industriels ne vont pas doubler du jour au lendemain le prix de leur yaourt à la vanille, simplement parce que les prix ont flambé à Madagascar. Beaucoup ont investi dans la culture de la vanille alors que ces industriels ont trouvé d’autres initiatives d’extraire de la « vanillin » à partir de la betterave ou bien la pomme de terre. Donc ils n’ont plus utilisé la vanillin extrait de la vanille naturelle, mais ont procédé à l’utilisation de la « vanillin » ou bien l’arôme naturel identique, extrait de ces produits autres que la vanille pour leur produit manufacturé. Donc, les prix ont chuté de 500 USD le kilo à 10 USD. A partir de 2004, la filière a commencé à s’effondrer. Depuis, ces opérateurs ont quitté tous la filière, faute de rentabilité. Les planteurs ont négligé la filière et ont préféré changer d’activité. Tout le monde s’est mis à faire n’importe quoi, le protocole qui définit la transformation de vanille n’est plus respecté.
La Nation : Est-ce que cette négligence a un impact sur le marché de la vanille ?
JCP : Mais on assiste à un effondrement de la qualité de la vanille de Madagascar. Personne ne respecte plus les dates d’ouverture de campagne de récolte car les planteurs ne s’en sortent plus, des spéculateurs qui ressemblent à des « dealers de drogue », les poussent à récolter à 8 mois alors que la vanille devrait atteindre sa maturité à 9 mois. Donc, ces vanilles ne contiennent pas assez de « glucovanillin » et les gousses de vanilles n’ont pas les qualités prévues. Certains malins ont importé des machines à sous vide et les vanilles, juste après échaudage, au lieu d’être séché au soleil, ils sont mis sous poche alors que ces poches sont en plastique recyclée. Des analyses ont montré la présence d’ « inflatoxine » dans les gousses de vanilles. Le Sénégal a été interdit d’exportation parce que leurs arachides contenaient de l’inflatoxine. Si jamais les industrielles confirment la présence d’inflatoxine dans nos vanille, le pays sera interdit d’exportation. Je me demande bien, si c’est çà que nous voulons.
La Nation : Quelles solutions proposez-vous ?
JCP : Je tiens à souligner que dans ces contextes, l’administration refuse de voir ce qui se passe. Il faut que l’Etat intervienne et remette les choses en place. Il faut mettre en place des barrières et que les législations concernant cette filière surtout sur la manière de transformer la vanille, soient appliquées. Si vous avez de la chance de vous promener dans la SAVA, les vanilles sont séchées sur les bords des routes où des volailles marchent ou chient sur les gousses à sécher. Il faut prohiber l’utilisation des machines sous-vide et procéder à des contrôles. Tous ceux qui sont entrés dans la filière, n’ont fait que détériorer la vanille. Qu’est-ce qu’on veut faire de cette filière ? Faire de cette filière une fierté de l’économie malgache ? La vanille noire, par exemple, qui a fait la réputation de Madagascar, a disparu totalement. On a besoin de rassurer les industriels en leur expliquant qu’il faut payer un prix équitables car il faut que les planteurs, les opérateurs et les industriels en tirent profit. J’ai peur que la campagne 2013 se verra une production en dessous de 1000 tonnes si auparavant nous arrivons à produire 1800 tonnes contre 2500 tonnes qui est la production mondiale.
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