21/05/2013
La société chinoise Madagascar Wuhan Iron and Steel Corporation (WISCO), titulaire des permis miniers n°37498 et 37499 suite à un appel d’offres lancé par le gouvernement malgache en 2008, exploitera pendant 30 ans les gisements de fer de Soalala qui comportent environ 350 millions de tonnes de réserves dans les régions Boeny et Melaky de l’Ouest de l’île. Un port gigantesque, d’une capacité de 150 000 tonnes, nécessitant un tirant d’eau d’au moins 18m, sera construit pour l’évacuation du minerai de fer vers la Chine et deviendra le plus grand port de Madagascar. Le Collectif TANY s’inquiète toutefois de la grande discrétion qui entoure l’évolution du projet et surtout des conséquences négatives qui ne manqueront pas d’en résulter pour les zones concernées et les riverains.
« Les termes de référence de l’étude d’impact environnemental de la phase de construction et d’exploitation », ont certes été affichés sur le site de l’Office National de l’Environnement dans le but de recueillir les « observations et avis » du public sur son contenu. Mais l’opinion publique a besoin de disposer de données plus concrètes pour pouvoir émettre un avis.
Des déplacements de populations inacceptables.
Sur le plan humain, les termes de référence envisagent froidement sur les 431 km2 d’espace concerné, un «plan de déplacement de population », « processus [qui] peut inclure des déplacements physiques, économiques ou culturels ». Ce document révèle que parmi les trois sites principaux, Kizombilahy, Kizombivavy sont plus populeux que Malainolo. La presse précise que des consultations publiques ont eu lieu « dans les communes de Soalala, d’Ambohipaky et d’Ankasakasa ». Mais qui a été réellement consulté ? Qu’est-ce qui a été dit aux habitants ? Comment ont-ils réagi ? Que leur a-t-on promis ? Des informateurs ont rapporté que les habitants de Maroleo ont déjà protesté contre le tracé de la route. A-t-on tenu compte de leurs plaintes ? L’accaparement par le projet Fer, des terrains de cultures et des zones de pâturage, empêchera la poursuite des activités génératrices de nourritures et de revenus des agriculteurs et des éleveurs. Le détail sur les localités consultées et les différents interlocuteurs, sur les informations transmises, sur les avis et revendications émis, sur les résultats des consultations et les solutions proposées, doit faire l’objet d’une diffusion publique pour que l’ensemble des citoyens et organisations malgaches soit informé et s’exprime comme souhaité. Le Collectif TANY insiste donc, sur le caractère inacceptable de toute expulsion des familles de leurs terres et de tout déplacement forcé des populations prévoyant en plus une atteinte à la culture et aux lieux de vie de plusieurs villages s’étendant sur trois communes. Les droits de la population doivent être respectés.
Des impacts sur l’environnement inadmissibles
Le lieu qui répond aux critères d’implantation du port, selon les opérateurs chinois, correspond aux alentours de la baie de Baly qui abrite une des aires protégées de Madagascar National Park. Rappelons que ce parc national a été créé pour la conservation de la tortue terrestre la plus rare du monde, l'Angonoka, dont il ne reste plus que quelques 500 individus vivants. Dans le domaine de la baie de Baly, sont protégées d’autres espèces endémiques en voie de disparition comme l’Ankoay, aigle pêcheur de Madagascar, le Héron crabier blanc et les lémuriens Bemosary. Madagascar National Park doit être consulté, et ses recommandations suivies, afin que le port n’empiète pas et n’ait pas d’impacts négatifs sur la faune et la flore protégées. Par ailleurs, l’aire protégée de Baly renferme les Tsingy de Namoroka. Selon les spécialistes, les Tsingy sont constitués d’une plaque calcaire. Leur traversée éventuelle par une route ou l’utilisation de lourdes infrastructures diverses dans leur environnement proche feront courir un grave danger à l’ensemble de cette formation calcaire, fragilisera leur stabilité, et risque d’entraîner des conséquences irréparables et irréversibles sur ces merveilles de la nature, joyaux des ressources touristiques de cette zone Ouest de l’Ile. La brochure sur la Baie de Baly informe que « quatre rivières permanentes prennent naissance dans ce parc national qui assure ainsi l’alimentation en eau des villages avoisinants ». Les décisions relatives à la construction de ce port devront éviter d’anéantir le patrimoine culturel, les richesses de la biodiversité malgache et l’accès à l’eau des communautés locales.
Pour quelles retombées économiques pour la population ?
Des prélèvements de 30 tonnes de minerai devant être analysés en Chine, sont prévus pour 2013 et divers travaux de préparation et de construction ont commencé. Aussi une transparence de la part des responsables et décideurs et une vigilance de la part de la population et de la société civile de toute l’île sont-elles nécessaires dès maintenant pour que cette nouvelle exploitation minière n’anéantisse pas la biodiversité de la zone et ne détruise pas le patrimoine économique et culturel des habitants mais prévoie et apporte réellement des avantages consistants pour la nation malgache et les populations avoisinant les sites miniers. Les informations sur le projet annoncent la création de 100 000 emplois, mais le pays d’origine de ces futures recrues n’a pas été précisé et les conditions de travail restent à déterminer. Une formation des habitants de la région est prévue mais on ne sait pas dans quel domaine ni pour quels postes. Par ailleurs, de nombreux citoyens, tout comme le Collectif TANY, seront intéressés particulièrement par une transparence totale sur le régime foncier et le type de contrat qui régissent les 431 km2 accordés par l’Etat à la société WISCO.
La société WISCO est surtout célèbre jusqu’à présent pour avoir payé 100 millions de dollars à l’Etat malgache pour la « mise à disposition », mais les détails sur l’utilisation qui en a été faite par les autorités nationales restent un mystère à éclaircir. Les expériences des industries extractives actuelles à Madagascar ont suscité ces derniers mois de nombreuses critiques de la loi sur les grands investissements miniers et de l’ensemble du Code minier qui favorisent trop les investisseurs au détriment des populations locales. Espérons que les citoyens, experts et futurs responsables malgaches sauront trouver et mettre en place les solutions adaptées pour faire face à ce nouveau défi.
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