03/08/2013
Face aux propos du Directeur général du Trésor public sur l’inévitable application de la vérité des prix, les réactions ne cessent de se faire entendre, surtout pour dénoncer les changements inopportuns d’une telle décision sur l’économie nationale ainsi que sur le niveau de vie des ménages malgaches en général. Hugues Rajaonson, économiste de profession, a été interviewé pour donner son avis sur le sujet. Les Malgaches doivent en outres se préparer à une hausse des prix sur le marché locale au cas où les subventions et aides de l’Etat seront coupées.
LaNation : D’après le Directeur général du Trésor public, les Malgaches ne doivent pas toujours dépendre des aides et des subventions de l’Etat mais affronter la réalité de la vérité des prix. Qu’en pensez-vous ?
Hugues Rajaonson : Si nous voulons que la vérité des prix soit le maître mot des futures politiques économiques publiques, cela veut dire que nous allons vers une libéralisation totale de notre économie. Dans ces conditions, le premier prix qui doit être touché par cette mesure est le salaire. La question qui se pose est alors la suivante : les salaires des fonctionnaires actuels reflètent-ils les services que les fonctionnaires offrent à la population malagasy ? A cela, il faut ajouter : est-ce que les autres rétributions [indemnités liées aux fonctions, divers avantages, divers primes, etc.] - prévues dans le budget de chaque département - qu'ils reçoivent sont-elles conformes aux objectifs de performances prévus dans la politique générale de l'Etat ? Ce qui est une bonne chose car cela peut contribuer à la baisse de la corruption. En effet, la remise à niveau des salaires de la fonction publique selon la performance des agents pourrait, non seulement améliorer la qualité des services publique mais aussi, l’efficacité de l'éducation citoyenne des Malagasy. A mon avis, il faudrait une revue à la baisse de tous les salaires, avantages, etc… avant d'imposer à tous les Malagasy de [serrer la ceinture].
LaNation : Est-ce que cette révision des salaires devrait touchée toutes les couches sociales ?
Hugues Rajaonson : En effet, cela veut dire que les Malagasy doivent réduire leurs consommations à cause de l'inflation. C'est l'Etat [Gouvernement, Politiques et Fonctionnaires] qui doit donner l'exemple pour que tout le monde, sans exception subisse le même sort. Aucun corps de fonctionnaire ne doit être épargné [militaire, gendarme, financier, enseignant - chercheur, inspecteur d'Etat, médecin, etc…]. Aucune région et/ou ethnie n'est épargnée. Aucun parti politique, etc… Je pense que dans les entreprises et le secteur prive en général, les réponses sont évidentes puisque la performance figure comme critère d'attribution de montant de rémunération.
LaNation : De par ce changement, quels autres effets la suppression des aides et des subventions aura sur les Malgaches en général ?
Hugues Rajaonson : Par ailleurs, la suppression des subventions signifie que les entreprises, y compris les entreprises publiques, doivent augmenter les prix. Le premier prix qui va augmenter ce sera donc le prix du carburant. Etant donné que les compagnies pétrolières ont subi des pertes cumulatives durant la période 2009 - 2013, il y a lieu d'intégrer ces pertes dans l'augmentation des prix. Nous avons fait une estimation de cette augmentation légitime. Rien que ces pertes conduisent à une hausse de 1000 ar par litre sur une période de deux ans au moins. Si à cela, nous ajoutons les fluctuations probables des cours mondiaux, en particulier, les hausses actuelles [période de vacances dans les pays du nord] qui vont se prolonger jusqu'au mois de mars 2014 [période hivernale], nous devrons alors subir une hausse de l'ordre de 1500 ar durant cette période. Cette hausse doit se traduire à une hausse des prix de l'Electricité fournie par la Jirama de 60%. Cette entreprise d'ailleurs, doit recevoir 250 milliards d'ariary de subvention avant que cette vérité des prix ne soit appliquée afin qu’elle puisse rester un service public digne de ce nom. En même temps le prix de l'Eau doit aussi augmenter de 25%. Les prix du transport en général doit augmenter de 23%. Dans ces conditions, le coût de la vie doit augmenter de 18%. Ces accroissements du coût de la vie vont engendrer une hausse parallèle des salaires de 30% si nous voulons maintenir les indices de revenus actuels.
LaNation : Donc, doit-on accepter l’application de la vérité des prix ou non ?
Hugues Rajaonson : Si nous devrons accepter la vérité des prix, nous nous attendons à un accroissement du chômage [y compris le chômage déguisé] de 40%, une augmentation de la vulnérabilité de 30% donc un hausse de l'indice de pauvreté monétaire de 93% et de la pauvreté en général de 98%. Si la privatisation de la Jirama est d'actualité puisqu'elle figure parmi les options probables de la vérité des prix, nous nous attendons à l'apparition de manifestation du type « printemps arabe » puisque l'explosion sociale sera inévitable, même si actuellement tous les acteurs potentiels de rébellion [militaires, politiques, hauts fonctionnaires] ont encore envie de profiter des rentes dues à leur fonction dans l'appareil d'Etat.
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