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14/09/2013
N° 379

 

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Archive Société & Culture

Le « tokotanibe » abandonné

21/12/2012

Les vacances scolaires de fin d'année suscitent un profond engouement pour les jeux et les jouets pour les enfants. On assiste à une multitude d’articles pour enfant dans tous les magasins. Il est loin le temps où on a pu assister à la grande réunion du soir de tous les enfants dans le « tokotanibe ». Cela faisait pourtant la joie de tous les petits du quartier. Actuellement, les parents se plient aux caprices de leurs enfants, des fois, au prix de quelques sacrifices ! Le jeu et le jouet sont inhérents à l’enfance.Devant ce phénomène inévitable, on ne peut que faire une brève analyse de l'enfance malgache, et on arrive à des résultats surprenants en se laissant transporter dans le milieu ludique d’il y a quelques années !

Autrefois, les enfants se contentaient de tout et de rien pour pouvoir jouer et profiter pleinement de son enfance et des vacances. On assistait à des jeux de groupes et à la formation de plusieurs équipes composées d’enfants du voisinage. Les enfants du quartier se réunissaient dans un endroit, appelé « tokotanibe », un lieu de rendez-vous du soir de tous les bambins. Les enfants jouaient à cache-cache, au chat perché, au ballon prisonnier et bien d'autres encore dont ils inventaient et innovaient les règles au fur et à mesure. L’époque est révolue, et on voit inexorablement les aires de jeu, disparaître petit à petit. Les raisons en sont, en premiers lieu, la construction d’une maison par le propriétaire du terrain, sur la fameuse place, privant les petits de leur espace favori. Par conséquent, les enfants ne jouent plus avec leurs voisins, et n'ont aucune connaissance des jeux collectifs d’autrefois. Ils s'enferment chez eux et jouent à des jeux modernes, solitaires et sans contact avec des amis. En deuxième lieu, on n’entend parler actuellement que de playstation ou autre nitendo ou encore autres bidules technologiques. Le sociologue Paul Rabary laisse entendre. « Madagascar ne peut pas s’échapper à la mondialisation. Les Malgaches se familiarisent petit à petit avec les produits de la nouvelle technologie. Et le cas des Malgaches n’est pas isolé car c’est tous les pays du monde entier n’échappent pas à cet air nouveau. L’époque évolue et les enfants malgaches suivent aussi les tendances extérieures, ce qui est tout à fait normal. Et bien sur, absorbés par ces nouveautés, les enfants, actuellement, abandonnent petit-à-petit le « tokotanibe », si celui-ci avait existé. Mais il faut reconnaitre que ces jeux venus d’ailleurs servent aussi à cultiver l’intelligence des enfants malgaches, avec comme exemple « Dora », le dessin animé phare en ce moment et qui est disponible en version malgache et en version française ». Mais il n’y a pas que le « tokotanibe » qui rappelle les années passées. Des jouets made in Madagascar depuis les années 60, existent encore jusqu’à nos jours, traversant le temps, sans aucune évolution. C’est le cas de ces papillons en fer blanc qui battent les ailes, poussés au bout d’un baton. « Mon premier jouet, lorsque ma mère m’avait permis de sortir dans la ruelle, fut un « lolo kapoaka », ces papillons en métal. Et grand fut mon étonnement quand j’ai pu voir, il y a quelques mois au marché d’Isotry, des « lolo kapoaka », étalés à même le trottoir qu’un individu essaye de vendre aux passants. Je me suis dit, rien n’a changé pour les artisans malgaches », raconte un quinquagénaire.

Société individualiste

Les enfants de la dernière génération manquent ainsi de communication et d'ouverture vis à vis de leur entourage. Même les « demandes écrites adressées au père noël » ne font plus recette. Est-ce qu’on ne croit plus au père Noël, chez les tout-petits, ou est-ce que ce sont les parents qui ne leur orientent plus à ce genre de pratique ? En tout cas, ces enfants reçoivent toujours des jouets à Noël. Doit-on pour cela blâmer ou encourager l'évolution technologique en créant des jouets individuels attractifs pour les enfants ? Doit-on blâmer les parents de ne pas avoir intégré leurs enfants dans la société dès leur plus jeune âge ? Quoi qu'il en soit, on peut dire que c'est l'enfance malgache qui est désormais en crise ! Et par la même occasion, instaure une société individualiste, qui écarte les valeurs de la solidarité, qui ne deviennent par la suite que de simples connaissances forcées d’être retenues durant le cours d'instruction civique à l’école, s’il y en a encore !

Hade'nah
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